La femme en moi

Une création du Théâtre Spirale
en collaboration avec le
Théâtre National du Mali

Adaptation, mise en scène et scénographie

Patrick Mohr

Jeu

Hamadoun Kassogué

Lumière

Michel Faure

Bande son

  • Thomas Bouvier
  • Aurélien Gattegno

Graphisme et peinture

Sylvie Kaufmann

Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit :
– Ma race c’est moi, João l’oiseleur.

Invité à s’expliquer, il ajouta :
– Ma race c’est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une humanité. Chaque homme est une race, monsieur le policier.

Mia Couto

L’équipe réunie pour créer La Femme en Moi travaille ensemble depuis quinze ans. Au fil des ans, nous avons développé un langage théâtral commun et une grande complicité. Cette cohésion nous permet d’aborder l’ouvre de Mia Couto avec un mélange de respect et de liberté : le respect dû à un auteur remarquable et à une ouvre majeure de la littérature africaine et la liberté nécessaire pour nous la réapproprier et la transposer sur scène.

Les histoires que nous avons choisies, La Princesse russe, L’enfant de la morte et La femme en moi, sont des textes d’une écriture très théâtrale : le personnage s’adresse directement au lecteur ou, dans notre cas, au public.

La narration est extrêmement dynamique dans une langue très proche du parlé mozambicain sans être jamais banale. La langue de Couto est un concentré de poésie populaire. La tension qu’il crée à l’intérieur du langage reflète celle qui existe constamment dans ces histoires entre réel et surnaturel, entre quotidien et extraordinaire, entre vie et mort.

Couto nous transmet avec une extrême acuité cette conception de l’univers africain où les mondes des vivants et des morts se côtoient, où les frontières entre magie et réel sont floues, où les créatures se transforment dans un monde en déliquescence. Couto dépeint avec une infinie tendresse et un humour un peu amer, le destin d’êtres qui sont en équilibre précaire sur le fil de la vie.

Résumés des 3 histoires présentées dans « La femme en moi »

Dans ces trois histoires, le réel et la fiction sont inextricablement mêlés.

La Princesse russe

La Princesse Nadja , perdue dans la brousse africaine alors que son mari passe son temps à chercher de l’or, rêve de son amant perdu et lui écrit des lettres. Celles-ci sont brûlées par Kansaye, son majordome secrètement amoureux d’elle. C’est lui, serviteur boiteux, qui raconte l’histoire, en se confessant à un curé. La princesse dépérit et meurt de chagrin, sans que Kansaye n’ose lui avouer ses sentiments. Mais, plus tard, le fantôme de Nadja revient cheminer dans la poussière aux côtés de son majordome.

La femme en moi

Une femme entre soudain dans la chambre d’un homme assoupi. Il croit à une erreur. Elle s’approche de lui et l’enlace. Ils s’aiment, puis elle s’en va. L’homme pense que c’est un esprit qui est venu le visiter pour l’attirer dans un autre monde. Il prend peur. Lorsqu’elle revient, il tente de la repousser. «Tranquillise-toi, je ne viens pas te chercher, je viens me faire une place en toi. Laisse-moi naître en toi.»

L’enfant de la morte

Un enfant naît d’un cadavre. Personne n’ose le recueillir jusqu’à ce qu’une folle le prenne et l’adopte.

« Qu’on refasse à présent le compte d’une humanité habitable. Car chaque enfant nouveau-né fait, d’une femme, naître une mère. Chaque être nouveau triple ainsi le nombre des vivants. Un enfant, finalement, est celui qui met la mère au monde. 

Il existe des histoires dont, plus on les raconte, moins on les connaît. Un concert de voix peut, finalement, ne produire que du silence. »

Mia Couto