Estrenan “Amores de cantina” de Juan Radrigán en Ginebra, Suiza

Estrenan “Amores de cantina” de Juan Radrigán en Ginebra, Suiza

por 21 noviembre 2016

Estrenan
Amores de Cantina será actuada en francés, con subtítulos en español. En el elenco estará el chileno Ricardo Pinto, que interpretará a José, el dueño de la cantina, mientras que Michele Millner tendrá el rol de Carmen su ex mujer, con la cual mantiene una oscura relación amorosa. Junto a los actores participa en la obra un grupo de destacados músicos y un coro que interactúa desde el público.

Desde el 22 de noviembre y hasta el 11 de diciembre será presentada en Suiza la obra de Juan Radrigán, Amores de Cantina. Se trata de una producción de Théâtre Spirale, compañía de teatro independiente con sede en Ginebra fundada en 1990 por Michele Millner y Patrick Mohr. Un elenco internacional dará vida a la obra del recientemente fallecido dramaturgo chileno, que estará en escena en el teatro La parfumerie, de Ginebra.

La dirección del montaje está a cargo de la actriz cantante y directora Michele Millner y en el elenco internacional figura el actor chileno Ricardo Pinto, quien se encuentra en Ginebra desde octubre. Esta es la segunda vez que Millner presenta una obra de Radrigán; anteriormente , hace más de dos décadas, hizo Isabel desterrada en Isabel y tradujo al inglés El loco y la triste.

Amores de Cantina será actuada en francés, con subtítulos en español. Pinto, interpretará a José, el dueño de la cantina, mientras que Michele Millner tendrá el rol de Carmen su ex mujer, con la cual mantiene una oscura relación amorosa. Junto a los actores participa en la obra un grupo de destacados músicos y un coro que interactúa desde el público.

Radrigán escribió este texto de amor y desamor en 2009 en cuartetas y décimas, lenguaje que no es ajeno a Michele Millner; en los últimos años la actriz, directora, pedagoga y cantante ha creado e interpretado dos obras usando esta escritura poética: las Décimas, acerca de Violeta Parra, Canto a lo divino y Albahaca, una pieza teatral autobiográfica.

Una vez finalizada la temporada de Amores de Cantina, Millner y dos de las actrices que actúan en este montaje viajarán a Chile para presentar la obra Monólogos de mujeres, de los italianos Franca Rame y Darío Fo.

Critique d’Alexandre Demidoff – Le Temps, 2016

Fureur d’amour en chanson à Genève

L’actrice et metteuse en scène Michèle Millner révèle avec brio la verve écorchée du poète chilien Juan Radrigan à la Parfumerie. Chavirant

S’il y avait un spectacle à voir, un seul en cette fin de semaine à Genève, ce serait celui-ci. Sur votre coussinet, à la Parfumerie, vous êtes chaviré. La salle bout et sur scène un orchestre de cabaret donne des envies de tanguer avec lui. Devant vous, un tavernier chilien qu’on croyait placide comme Sancho Pança avec son tablier blanc menace de tuer l’amant de son épouse, une croquante à la robe écarlate. Les coeurs tricotent et le piano s’emballe. Un couteau jaillit, le jaloux est idéaliste, c’est dire si l’affaire est grave.

De quoi parle-t-on? D’Amores de cantina, une comédie furieuse, l’ardeur de la bohème tressée en chant, un mélo à tombeau ouvert où règnent voyous, troubadours et fiancées trahies que le dépit embellit encore. Cette pièce musicale est signée Juan Radrigan, auteur chilien adulé, décédé il y a un mois, à 79 ans. L’actrice et metteuse en scène genevoise Michèle Millner en révèle la verve sous nos latitudes dans un spectacle qui lui ressemble, fraternel et émouvant. «Je l’ai découvert dans les années 1980 au Chili, à l’époque de la dictature de Pinochet, raconte-t-elle. Ses pièces donnaient la parole aux petites gens, elles en restituaient le verbe et la syntaxe et elles étaient pour cela interdites. Par la suite, on l’a considéré comme un héros. A sa mort, le gouvernement a décrété un deuil national.»

Mais elle entre en scène, justement, Michèle Millner, robe noire, étole pourpre, chevelure argentée. Son chant en espagnol fend la pénombre: «Les misérables chantent jusqu’à perdre le souffle.» Un choeur fait écho, vous ne l’aviez pas vu, il est dans votre dos, au sommet du gradin. Vous voilà enveloppés. C’est le préambule. Lumières à présent. Sur le plateau, des chaises renversées. A droite, un petit bar de guingois. Un saxophone s’enivre et les héros de la cantina entrent en scène comme la tempête. Admirez-les, ces personnages: il y a là le tavernier, une fille fauve (Jeanne Pasquier) qui fait tourner les têtes, une fleur bleue délaissée qui a du répondant (Mia Mohr), un loubard qui chante (Cyprien Rausis), un dandy de grand chemin (Florent Bresson), un assassin de passage (Jon Ander Alonso).

Tous ont leurs blessures. Tous ont leurs chants. Mia Mohr par exemple: «Les hommes se battaient pour un baiser, aujourd’hui, on lui refuse l’alcool à brûler.» Le plaisir ici, c’est l’interprétation, une justesse et un plaisir du clin d’oeil, une rigueur et une ardeur, une souplesse qui d’un acteur fait un chanteur. C’est aussi la friction des langues, cet espagnol du Chili qui surgit au détour d’une tirade en français, cette glossolalie lyrique. Les mots échappent parfois, leur musique surprend toujours.

Mais voyez à présent le tavernier, son torchon sur l’épaule, c’est l’acteur chilien Ricardo Pinto, poignant en amoureux détroussé. Il est en train de perdre la femme de sa vie (Jeanne Pasquier) et il chante ceci: «Pour un baiser de cette bête féroce, je tuerai le monde entier.» Il fait masse comme le taureau avant l’assaut. Il fonce en réalité dans le mur, comme tous les orphelins d’Amores de cantina. Juan Radrigan n’est pas dupe du conte. Il sait qu’il ne change rien à la face de la lune, mais qu’il vaut comme barricade. Rendre justice aux écorchés, c’est garder espoir. «Si on détruit la chanson et le chanteur, plus aucune âme ne pourra suivre la trace de l’amour», souffle Cyprien Rausis. Ces paroles-là, chantées en espagnol, valent comme manifeste. On les écrit sur sa peau.

Alexandre Demidoff – Le Temps, 9 décembre 2016

Critique de Nicola Demarchi – Le Courrier, 2016

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Avant-première de Jorge Gajardo – Le Courrier

Carte postale par Urs Stauffer

Carte Postale n° 12

AMORES DE CANTINA

Une expérience qui me fait des frissons dans tout le corps, qui me fait monter, dès le début, les larmes aux yeux, qui me va droit au cœur!

Un cadeau dans le paysage des spectacles d’arts vivants. Car vivant, oui, c’est le cas de le dire: théâtre, musique live, chant, mouvement… tout trouve sa place dans cette pièce écrite par le chilien Juan Radrigan et mise en scène par Michele Millner d’une façon si subtile.

En fait, il s’agit de bien plus que d’une mise en scène. Je le sais pour avoir eu la chance de travailler un peu avec elle et sa merveilleuse équipe de comédiens sur ce projet, sur les ambiances dans le corps, sur le dialogue au delà des paroles. J’aime vraiment travailler dans l’univers de Michele. Je ne lui remercie jamais assez pour la place qu’elle laisse aux autres. Et surtout je suis profondément touché et bouleversé par le résultat qui m’a été offert hier soir au Théâtre de la Parfumerie à Genève. Si je vous parle d’expérience, c’est vraiment ce que c’est d’aller assister à ce spectacle. Une expérience qui nous rappelle l’amour, NOS amours, avec passion, tendresse, violence…. et la nostalgie d’une humanité perdue depuis la nuit des temps alors qu’elle serait dans le fond si proche….

Donc, si vous passez dans le coin d’ici le 11 décembre 2016, n’hésitez pas. Ce qui veulent trouvent toujours le chemin vers la Cantina!

Lien vers le site de URS STAUFFER, danseur et pédagogue

http://urstauffer.wixsite.com/contacturs/actu

Amores de Cantina

Du 22 novembre au 11 décembre 2016
Théâtre de La Parfumerie
www.laparfumerie.ch
Rés. +41 22 341 21 21
Du mardi au jeudi à 20h / vendredi et samedi à 19h / dimanche à 17h

« Amores de cantina » est un poème éblouissant sur la mémoire et la nostalgie, ces forces si puissantes qui  nous aident à construire au quotidien le territoire fragile et imaginaire de nos origines.

Dans une cantina, un bar de quartier, se retrouvent quelques habitués, un étranger, beaucoup d’amour et la mort qui rôde. Ces femmes et ces hommes tentent de faire face à leur désolation, mais les souvenirs d’amours anciens, la tristesse et les regrets ne les laissent pas en paix. Ensemble, ils forment un chœur qui n’est pas seulement le témoignage d’une société malade mais aussi et surtout une ode à la condition humaine poussée à ses limites. À travers l’alcool et les chansons, le bar de pacotille devient un dernier lieu de résistance où poésie et théâtre, rires et larmes posent une question : comment vivre dignement ?

 Amores de Cantina est l’une des dernières pièces de l’auteur chilien contemporain Juan Radrigán, créée en 2009. En choisissant cette pièce, Michele Millner continue son chemin à travers la poésie chilienne.
Ses derniers spectacles qui sont nés de cette recherche sont Las Décimas (2006) de Violeta Parra, Canto  a lo Divino (2008) sur la poésie populaire chilienne et Albahaca (2010) un poème autobiographique.

« Los que tienen memoria son capaces de vivir en el frágil tiempo presente… los que no la tienen no viven en ninguna parte. »
Patricio Guzman, Nostalgia de la luz.

« Ceux qui ont de la mémoire sont capables de vivre dans le temps fragile du présent …. ceux qui ne l’ont pas ne vivent nulle part. »


Texte 
Juan Radrigán
Traduction
Michele Millner, Naïma Arlaud et Mia Mohr

Mise en scène  Michele Millner
Collaboratrice artistique
Naïma Arlaud

Comédiens/chanteurs Mia Mohr, Jeanne Pasquier, Jon Ander Alonso, Ricardo Pinto, Cyprien Rausis, Florent Bresson
Musiciens
Yves Cerf,  saxophones, flûtes, kena – Maël Godinat, piano, saxophone alto, clarinette basse – Bruno Duval, percussions – Ernesto Morales, guitare, accordéon, guitarron
Composition musicale 
Yves Cerf, Maël Godinat, Ernesto Morales
Comédiens stagiaires
Zoé Sjollema et Noé Forissier
Costumes
Eva Heymann
Lumière et son Daniel Gómez
Accessoires et scénographie
Miriam Kerchenbaum et Jean-Louis Perrot
Production, administration
Aurélie Lagille

Spectacle bilingue : français et espagnol

 

Peña del Sur

Vendredis et Samedis à 21h
25 /26 nov. – 2/3 déc. – 9/10 déc. 2016
Concerts au Grand Café de la Parfumerie
Tarif unique : 15 CHF (vente sur place) ou Pass 6 soirées : 70 CHF
Rens. 022 343 01 30

Una Peña, no una pena. Une Peña, pas une peine, mais un lieu où on se retrouve entre amis pour déballer tous ce qu’on a sur le cœur. Del sur. Du sud. Qu’est ce que c’est le sud ? Un rêve de soleil et de repos ? Le sud, pour nous qui venons du sud de l’Amérique Latine, c’est la pluie, le froid et un feu qui nous réchauffe.

Une peña célèbre: celle des Parra dans le Chili des années ’60. Victor Jara, Violeta, la cancion nueva, la célébration de la musique populaire et de la chanson engagée. Notre Peña del Sur aimerait humblement rendre hommage à tout cela. Nous invitons donc des amis à venir chanter, jouer, raconter, dire, crier et murmurer. La danse, le rire, un bon verre de rouge. De quoi rêver d’un monde meilleur.

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Vendredi 25 novembre dès 21h

21h Le Chœur Ouvert – direction Michele Millner

21h30 Valdez-Wetzell Project « Arturo Valdez – Nicolas Wetzell – Sylvain Fournier – Yves Cerf – José Luis Musetti – Aurélien Gattegno – Orland Oliva » (Peru)

Le « Valdez-Wetzell project » est une aventure musicale intriguante, une quête artistique, un rêve qui évoque des paysages sonores enracinés dans les Andes. C’est aussi une traversée des cultures, une invitation à visiter des territoires étendus de mosaïques complexes de beauté sans frontières ni hémisphères. Cet orchestre de 7 musiciens joue les compositions et les arrangements de Nicolas Wetzell et Arturo Valdez qui rendent hommage aux peuples des Andes, aux terres d’accueil de Suisse et d’ailleurs et surtout à la liberté.
Arturo Valdez, charango et mandoline – Nicolas Wetzell, guitare –  Sylvain Fournier, percussion – Yves Cerf, saxophones et quena – José Luis Musetti, claviers – Aurélien Gattegno, quena – Orland Oliva, basse
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Samedi 26 novembre dès 21h

21h Les Enfants de Chœur – direction Mia Mohr

21h30 Trio « Raúl Chacón – Cesar Dominguez – Antoine Zaugg » (Bolivia)

Ces trois musiciens se sont rassemblés pour évoquer les compositeurs que l’on écoutait en Bolivie dans les années 70. Ils vont interpréter entre autres des œuvres de Alfredo Dominguez, William Centellas, Violeta Parra, Cesar Junaro et Ernesto Cavour.
Raúl Chacón, charango – Cesar Dominguez, guitarra – Antoine Zaugg, quena
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Vendredi 2 décembre dès 21h

21h Chorale Les Anges de Montbrillant – direction Nabila Schwab

21h30 Duo Amo el Sur « Patricia Tondreau – Jean Ferrarini » (Cono Sur)

Fasciné par l’inépuisable trésor des musiques conçues au Sud de l’Amérique du Sud, ce duo n’a pas hésité à s’engager dans un voyage ou tradition et modernité se confondent.
Au menu, le Chili, l’Uruguay, l’Argentine, le Pérou comme sources principales. Des musiques centenaires, sans oublier les créations des compositeurs latino-américains actuels.
Pianiste et chanteuse, complices s’entraident mutuellement à aller là où ils veulent aller dans un grand respect et écoute”.
http://patriciatondreau.com/Site/Accueil.html

22h15 Duo Amanecer « Liliana Moran – Samuel Vilu » (Chile)

Le duo Amanecer débute en janvier 2015. Heureuse rencontre d’un jeune guitariste chilien, performeur infatigable et impatient avec la chanteuse chilienne qui chante la vie avec calme et profondeur. Samuel Vilu, guitariste, compositeur et poète compose des musiques pour le théâtre et la danse et joue dans différents groupes. Le disque « A mano limpia » sort cette année sous son nom. Liliana Moran, chante depuis toujours pour conjurer les malheurs et rendre hommage à la vie. Elle interprète les grandes figures de la nouvelle chanson latino-américaine et chilienne, Violeta Parra, Atahualpa Yupanqui, Victor Jara et tant d’autres). Sous l’emblème de la chanson qui a du sens, elle fait siennes les paroles de Victor Jara : « le chant a du sens quand il palpite dans les veines »
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Samedi 3 décembre dès 21h

 21h Chœur Artichaut – direction Nabila Schwab

 21h30 Triomboli « Mia Mohr – Aïda Diop – Tomas Fernandez » (Cono Sur)

Triomboli est un hommage à des classiques de la chanson latino américaine. Intimes et complices, une percussion minimaliste et des cordes, contrebasse, guitare, voix. C’est la rencontre entre Mia Mohr, comédienne genevoise de mère chilienne, Tomas Fernandez, contrebassiste chilien ayant grandi au Mexique, et Aïda Diop, percussionniste parisienne de père sénégalais. Jouant avec la diversité des bagages musicaux, classiques ou contemporains, issus du jazz ou de la musique des Balkans, le trio raconte ces chansons qu’on reconnaît, et redécouvre.

www.triomboli.com

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Vendredi 9 décembre dès 21h

21h Kombodou – chœur dirigé par Patricia Tondreau

21h30 Duo « Narciso Saúl – Gaëlle Poirier » (Argentina)

Ce duo (guitare, voix et bandonéon) interprète des pièces de styles et d’époques différentes inclues dans leur premier CD «Tiempo Justo» sorti en 2015. De la Cumparsita, Tango de 1916 faisant partie de la «Guardia Vieja» écrit par Gerardo Matos Rodriguez à Tiempo Justo, composition de Narciso Saùl, en passant par Alfonsina y el Mar de Ariel Ramirez & Felix Luna, de connotation folklorique, ou encore des musiques d’Astor Piazzolla.
A l’occasion de ce concert, ils auront le plaisir d´inviter le saxophoniste Yves Cerf.

www.narcisosaul.com.ar

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Samedi 10 décembre dès 21h

21h Amores de Cantina Grupo y Coro

avec les musiciens et les comédiens du spectacle.

La petite troupe de la cantina est hétéroclite et improbable. Elle fourmille de talents divers qui ont permis de créer et faire vivre les nombreuses musiques et chansons du spectacle.
Pour cette Peña del Sur nous allons revisiter tout cela goulûment et librement tout en puisant dans le grand dictionnaire sonore des pays du cone sud de l’Amérique Latine et dans l’encyclopédie sonore universelle : celle qui fait que nous sommes les rois du métissage !